Overall Chronology

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Les réfugiés palestiniens dans la bande de Gaza, 1948-1967
Le remodelage politique et social d'un espace palestinien confiné

Avant la Nakba, Gaza était l'un des cinq districts de la Palestine mandataire et se composait de deux sous-districts : Gaza et Bir al-Sab'. Pendant et après la guerre de 1948, l'État d'Israël a occupé l'ensemble du second et la majeure partie du premier. La partie du sous-district de Gaza restée inoccupée (361 kilomètres carrés, soit environ 1,3 % de la superficie totale de la Palestine) fut administrée par l'armée égyptienne et sera connue plus tard sous le nom de bande de Gaza. L'occupation par Israël de la plus grande partie du district s'est accompagnée de la destruction de quarante-neuf villages et du déplacement forcé de leurs habitants qui se sont réfugiés dans la bande de Gaza. La population qui y vivait auparavant n'était que de 80 000 personnes. Le nombre total de réfugiés en provenance du reste du district de Gaza, ainsi que du district de Lydda, dépassait les 200 000.

Tableau 1 : Camps de réfugiés dans la bande de Gaza

Nom du camp

Gouvernorat

Année d'établissement

Superficie initiale lors de l'établissement (en dunams)

Jabaliya

Nord de Gaza

1948

1 403

Nussayrat

Central

1948

788

al-Maghazi

Central

1949

599 réduite à 548

Deir al-Balah

Central

1949

156 réduite à 132

Khan Younès

Khan Younès

1949

549 puis 564

Rafah

Rafah

1949

1 074

Shati'

Gaza

1951

447

al-Bureij

Central

1952

528 réduite à 478

Source : unrwa.org

 

Au début, les réfugiés étaient accueillis dans des mosquées, des écoles, des maisons, des casernes militaires et des terrains vagues inhabités. A la suite d’un accord avec les Nations Unies, l'American Friends Service Committee (AFSC), une organisation quaker, a été chargée de l'aide aux réfugiés ; elle établit huit camps sur des terrains gouvernementaux alloués par l'administration égyptienne (tableau 1) et leur donna le nom des villes et des villages voisins. L'organisation supervisa les camps jusqu'à la création de l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), conformément à la résolution 302 de l'Assemblée générale datée du 8 décembre 1949.  Celle-ci commença officiellement ses activités le 1er mai 1950. Depuis lors, les camps de réfugiés symbolisent les souffrances continues vécues par des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants contraints de partager un espace et des ressources aussi limités. Voilà pourquoi les camps de Gaza occupent une place si centrale dans le récit du conflit israélo-palestinien : ils sont un haut lieu de la résistance à l'occupation. 

Après l'hiver glacial de 1950, l'UNRWA entreprit la construction de maisons en briques et en pierres pour les réfugiés afin de remplacer les tentes dans lesquelles ils vivaient. Environ 48 000 "abris" (de 150 mètres carrés chacun) l’ont été dans les huit camps qui se sont ensuite agrandis pour faire face à l'augmentation rapide de la population (graphique "Nombre de réfugiés dans la bande de Gaza"). En plus des abris, l'UNRWA prodigua des rations alimentaires et des services de santé. Pour contribuer à l'autosuffisance des réfugiés, l’office fournit aussi une éducation élémentaire, une formation professionnelle et, parfois, un emploi. Il administra ses opérations par l'intermédiaire d'un bureau dans chaque camp ; un responsable de camp - souvent choisi parmi l'élite politique ou intellectuelle du camp – fut chargé de faciliter l'accès aux services de l'UNRWA et de gère et coordonner d'autres aspects de la vie du camp. Au début des années 1990, l'agence commença à accorder de petits prêts aux réfugiés (y compris aux femmes) dans le but de les encourager à entreprendre des projets générateurs de revenus. À certaines périodes (par exemple, pendant la première Intifada), l'UNRWA a également joué un rôle remarquable dans la protection des réfugiés contre les actions arbitraires et punitives de l'armée israélienne. 

 

 

Au début des années 1950, avec la création de l'UNRWA, plusieurs pays et certaines institutions internationales (avec à leur tête les États-Unis) ont élaboré des projets de réinstallation des réfugiés, en exploitant les conditions difficiles dans lesquelles ils vivaient pour les forcer à accepter. En 1951, l’UNRWA lança un programme visant à transférer 2 500 réfugiés en Libye, sur proposition de la Grande-Bretagne et avec l'accord de la Libye. Plus tard, après la révolution égyptienne de 1952, l'agence entama des négociations avec le gouvernement égyptien dans le but de réinstaller 12 000 familles de réfugiés de la bande de Gaza sur des terres situées dans le nord-ouest du Sinaï. En 1953, les deux parties sont parvenues à un accord concernant l'exécution du projet, qui nécessitait la mise en valeur des terres en y redirigeant annuellement certaines portions d'eau du Nil. Cependant, le soulèvement de mars 1955, qui éclata après un raid israélien sur un camp militaire égyptien à Gaza et qui conduisit à une mobilisation populaire massive et à des protestations contre les projets de réinstallation, confirma l'aspiration des réfugiés au retour, leur refus de succomber à une vie de misère et leur volonté de se battre à mort et de rejoindre les fedayins. Le soulèvement amena le président égyptien Gamal Abdel Nasser à suspendre le projet et à adopter la cause des réfugiés comme partie intégrante de la lutte politique de la nation arabe, et non comme une simple question humanitaire. 

Les autorités égyptiennes n'ont pas accordé de statut juridique particulier aux réfugiés de la bande de Gaza. L'Égypte a délivré des papiers d'identité à la population réfugiée et non-réfugiée de Gaza. Les documents de voyage portaient le nom de « Gouvernement de toute la Palestine », même si cette entité (établie à Gaza en septembre 1948) n'exerçait aucun pouvoir réel. En 1961, les autorités égyptiennes délivrèrent de nouveaux documents de voyage à tous les résidents palestiniens de la bande de Gaza et de l'Égypte, sans y au Gouvernement de toute la Palestine. 

La première et seule reconnaissance juridique et politique de la population réfugiée est implicitement incluse dans la Loi fondamentale de la bande de Gaza, promulguée par le gouvernement égyptien en 1955 et entrée en vigueur en 1958. Dans son troisième chapitre, elle stipule les règles régissant la formation d’un Conseil législatif (dont le pouvoir était de toute façon limité), composé des dix membres du Conseil exécutif présidé par le gouverneur général égyptien, de dix membres représentant les municipalités de Gaza, de sept membres représentant "la population de la bande" (choisis par le Conseil exécutif) et de quatre membres réfugiés (choisis par le Conseil exécutif). Le Statut constitutionnel de la bande de Gaza, publié en 1962, ne mentionne pas les réfugiés comme membres du Conseil législatif. Ce dernier devait comprendre les membres du Conseil exécutif, dix membres nommés par le gouverneur général et 22 membres élus par les membres des comités locaux de l'Union nationale arabe palestinienne. 

Il est possible que les rédacteurs du Statut constitutionnel aient estimé qu'il n'était plus nécessaire d'attribuer un nombre précis de sièges aux réfugiés au sein du Conseil législatif, étant donné leurs chances accrues d'être nommés, du fait de leur poids démographique croissant et de leur intégration progressive dans la vie sociale et économique. Nombre d'entre eux exerçaient désormais des métiers tels que la pêche, ouvraient de petites entreprises commerciales et occupaient des postes officiels au sein de l'UNRWA ou dans les directions relevant du Conseil exécutif. 

Lorsque les réfugiés commencèrent à arriver dans la bande de Gaza en 1948, les familles locales accueillirent nombre d'entre eux en attendant leur installation dans des camps ou dans des logements achetées ou louées. Des tensions ont inévitablement éclaté entre la population autochtone et les réfugiés, mais elles n'ont jamais dépassé les paroles désobligeantes et les comportements réservés ; les autochtones par exemple ne se mariaient pas avec des réfugiés. Avec le temps, cependant, les liens sociaux se sont renforcés, un processus accéléré par l'investissement de nombreux réfugiés dans le secteur de l'éducation, qui constitua en quelque sorte un levier d'intégration. Les relations entre les deux groupes s'amélioreront davantage après la guerre de 1967 et l'occupation de la bande de Gaza par les forces militaires israéliennes.

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E.g., 2024/07/14
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